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Le congrès du Cepic à Barcelone 2013

Cette année, le Congrès du CEPIC (Coordination de l'ensemble des Agences Photographiques Européennes) se déroulait à Barcelone du 10 au 14 Juin 2013 et près de 470 personnes accréditées ont participé aux débats et tables rondes, dont les grands sujets étaient : les prix et conditions du marché de la photo sur le web, la place des professionnels avec la participation de l'UPP, les projets de registres internationaux en ligne pour les oeuvres et leurs auteurs et l'avancée des technologies de métadonnées avec la participation de l'IPTC.

 

 

 

 Crédit - Carlos Munoz-Yagüe

  

Rappelons à ce sujet que le CEPIC participe aux débats et négociations concernant la photographie auprès des instances Européennes.

  

Les grandes tendances constatées par les Agences cette année sont : l'évolution des moyens de production et de retouche des photos, l'importance accrue des réseaux sociaux dans la déréglementation du marché de la photographie avec son cortège de métadonnées absentes, la production excessive de photographies et de piètre qualité...

  

Globalement, les Agences ne veulent plus "d'oeuvres orphelines" téléchargeables sans règlement de droits de reproduction sur le web. En outre, de nouvelles lois pour les petites plaintes sur la propriété intellectuelle ont été édictées (ex  : small claims  act) aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et prochainement en Allemagne et devraient permettent un règlement plus facile et à moindre coût des plaintes pour contrefaçon.

  

Nous constatons par ailleurs un renouveau d'offres "Premium" de la part des Agences qui n'hésitent plus à adresser des mises en demeure aux utilisateurs indélicats d'images provenant de leurs sites. Toutes sont favorables,  d'une part, à la mise en place d'un "Répertoire International" qui permette d'identifier les ayants droits, et d'autre part, à la recherche de moyens technologiques à développer pour identifier les photos et gérer les droits de reproduction.

  

Du côté des Photographes, les Associations représentatives étaient américaines, britanniques ou françaises, et nous avons malheureusement pu noter l'absence d'associations allemandes, ou encore de sociétés d'auteurs et de représentants des ministères de tutelle des pays représentés.

  

La matinée du mardi 11 Juin a débuté avec la présentation du jeune photo-reporter américain Ben Lowy, correspondant de guerre pour plusieurs rédactions américaines et  Getty Images. Son témoignage a été l'occasion de découvrir des photos réalisées sur les conflits irakiens, afghans et libyens, à partir d'un iPhone, et traitées à travers Instagram;  et qui, créant le "buzz" sur le web, ont entraîné des commandes spécifiques de rédactions intéressées par cette nouvelle façon de faire qui montre une autre réalité de ces pays.

  

La table suivante, avec la participation de Thomas Haley et Carlos Munoz-Yagüe représentant l'UPP, avait pour thèmes l'économie de l'internet et les contenus gratuits ainsi que le positionnement économique et légal des micro-stocks et des images "Royalty Free".

 

 

 

Crédit - CTK FOTOBANKA/Marta Perez

 

  

L'intervention de l'UPP a repris l'essentiel de l'argumentaire développé lors de son audition par le CSPLA en mars 2013.  Appuyée par une présentation Powerpoint, la démonstration sur l'influence économique désastreuse pour l'immense majorité des photographes professionnels et les manquements graves à la législation française (autant du point de vue fiscal que du respect du Code de la Propriété Intellectuelle) a été particulièrement bien accueillie par  l'audience présente lors de ce Photocentric Day.   

  

Notre analyse rejoignait d'ailleurs l'analyse économique présentée par Robert Panitz de l'Université d'Heidelberg.

  

La journée suivante, celle du Mercredi 12,  a été consacrée pour l'essentiel aux projets de RDI ( Rights Data Integration ). Projets que l'on pourrait traduire par l'"Intégration de Données sur les Droits" (photographiques). Présentée par Alfonso Guttierez ( Président du CEPIC) avec Sergi Grigno (Album / CEPIC) et Jeff Sedlik (PLUS Coalition), cette conférence  s'est ouverte sur la présentation du projet de RDI du CEPIC : CEPIC Image Registry ( CIR ) et d'un prototype regroupant moteur de reconnaissance d'image + consultation de la base de données des images et des informations liées + réponses.

  

La démonstration de l'outil a été très impressionnante, mais une polémique est née sur les conditions de présentation et d'attribution au projet du CEPIC d'une subvention de 350 000€ par la Commission Européenne, alors que trois projets différents de RDI présentés à la Commission Européenne étaient en concurrence.  

  

Pour tenter d'y voir plus clair Il est nécessaire ici de présenter ces trois projets:

  

1) Le projet CIR du CEPIC  proposé par Alfonso Guttierez ( Président du CEPIC et Directeur de l'Agence espagnole AGE-Fotostock ) avec Getty Images ( US-UK ) et la marque logicielle PicScout ( US-Israël ).

  

2) Le projet PLUS Coalition de Jeff Sedlik ( US )  : le projet le plus ancien soutenu par les photographes américains et l'ASMP (American Society of Media Photographers).

  

3) Le projet PicScout ( Israël ) défendu par cette entreprise de développements logiciels.

  

Remarquons que PicScout, racheté en 2011 par Getty Images, est partie prenante de deux de ces projets mais se place avant tout comme apporteur de solution technologique du fait des remarquables performances de son moteur de reconnaissance d'images.

  

Chacun a   ensuite définit sa proposition, en premier lieu le CEPIC avec son "CIR" : un répertoire "d'identification universel et unique" connecté à de multiples bases de données images sans pour autant stocker lui-même des images. Outil à utiliser dans le cas de "recherches sérieuses et avérées" qui utilise le moteur de recherche propre à chaque base de données d'images pour effectuer la recherche et délivre la réponse sous forme d'une galerie de résultats. Mais, c'est encore un projet.

  

Le CIR n'est pas un outil de vente, et n'est non plus pas un espace de stockage d'images.

 

 

Crédit - Thomas Haley  

  

Ensuite , Jeff Sedlik a présenté le projet de PLUS Coalition: un projet bénévole de type coopérative; pour lequel deux structures existent, l'une aux Etats-Unis, l'autre en Grande-Bretagne. Ce projet est une structure de base de données à laquelle on accède non pas pour obtenir une image mais pour obtenir les informations liées à cette image : son auteur ou ses ayants-droits, ou encore les droits territoriaux de gestion des images. Un projet visant à développer un numéro d'identification spécifique propre à chaque oeuvre restant cependant à développer.

  

PLUS Coalition stocke chaque image en basse résolution et l'adhésion pour une organisation comme l'UPP coûterait 125$ avec une remise de 40%. Actuellement Jeff Sedlik revendique 32 000 photographes enregistrés sur PLUS Coalition dont 2 000 vivant en France.

  

Les deux responsables experts au niveau de la Commission Européenne, Godfrey Rust et Andrew Farrow, ont tenu à ce que PLUS Coalition participe aux tests et aux simulations car le projet PLUS Coalition avait été retenu dans les projets finalistes; ces tests ont été réalisés avec la participation de grandes banques d'images: Getty Images, Agence  Album, Agence AGE-Fotostock.

  

Au niveau européen Il semble que le projet CIR du CEPIC, mené par un ensemble plus identifiable industriellement, tienne la corde en matière de RDI. N'oublions pas de mentionner qu'il existe aussi d'autres moteurs de recherche de reconnaissance d'images très performants comme le canadien TinEye ou le français PixTrakk dont l'utilisation est largement répandue au niveau hexagonal. N'oublions pas non plus que l'une des propositions de la Commission Lescure consistait à favoriser "la création, pour chaque type d'oeuvres, d'une base d'empreintes couplée à un dispositif de reconnaissance automatique" ce qui rejoint les études menées au plan européen.

  

En 2012, est né le Linked Content Coalition (Coalition du Contenu Lié) à Bruxelles pour encadrer les subventions, suivre ces projets de RDI et en étudier la faisabilité en particulier pour la photographie et qui regroupe experts, éditeurs européens, développeurs de logiciels, représentants d'auteurs.

  

Les projets de RDI sont des enjeux économique très importants; : ils sont une alternative légale internationalement et cohérente technologiquement. Une stratégie commerciale privée permettra peut-être un rééquilibrage des flux d'argent détruits ces quinze dernières années par les entreprises du Web dans l'utilisation de contenus créatifs dont fait partie la photographie.

  

La dernière journée du Jeudi 13 Juin tournait autour des métadonnées avec l'IPTC (International Press Telecommunications Council pour améliorer les échanges internationaux d'informations). Les différentes interventions de Michael Steidl (IPTC), Sylvie Fodor (CEPIC), Abbie Enock (Capture Ltd), Jeff Sedlik (PLUS Coalition) ont permis de dégager convergences et divergences d'opinions.

 

 

 

Crédit - Carlos-Munoz-Yagüe 

  

Si tout le monde est d'accord pour souligner l'importance de l'existence des métadonnées et constater que ces dernières sont souvent perdues ou effacées lors des échanges de données sur le Web, nul n'est d'accord sur les solutions à apporter afin de résoudre ce problème.

  

L'IPTC a mené des tests intensifs sur les réseaux sociaux, entre autres, pour vérifier la conservation ou la perte des métadonnées liées aux images : les résultats sont sans appel et particulièrement catastrophiques !  Google+ étant l'une des très rares plates-formes à pouvoir les montrer et les conserver en cas de téléchargement...  L'un des problèmes vient du fait que, selon Michael Steidl, souvent, les métadonnées sont mal traduites en se promenant de site en site et qu'une solution serait d'utiliser un "convertisseur par lots" approprié pour traduire les mots-clés et les légendes en  anglais depuis toutes les langues.

  

Une autre solution envisagée par Jeff Sedlik de PLUS Coalition s'appuierait sur une suite logicielle proposée par la firme britannique Capture Ltd, qui considère que les normes IPTC sont obsolètes et qu'il est nécessaire de s'appuyer sur des normes globales pour gérer les droits de reproduction, et propose un ensemble d'outils logiciels propriétaires  pour y parvenir.

  

Sylvie Fodor, Directrice du CEPIC, soutenait la solution CIR présentée par le CEPIC : un numéro d'identification unique des images numériques, un stockage des images en Cloud avec mise à jour dynamique des informations des métadonnées dans les images et interconnexion des différents répertoires et base de données.

  

La dernière journée du Congrès était dédiée au marché inter-agences.

  

L'édition 2013 du Congrès du CEPIC s'est révélée particulièrement intéressante. 

 

Les préoccupations de la plupart des Agences Photo européennes et américaines rejoignent celles exprimées régulièrement par l'UPP. Reste désormais à souhaiter que les différents projets ou solutions déjà mis en place ne se révèlent pas incompatibles, et que ces évolutions  technologiques permettent de régler les problèmes d'utilisation abusives d'images non identifiées et la juste rétribution de leurs auteurs.

  

Patrick Roche, d'après les notes manuscrites de Carlos Munoz-Yagüe avec la participation de Thomas Haley.

 

 


Catégorie : Brèves / Informations | Date de publication : 11/09/2013


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