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Photojournalistes pigistes : état des Lieux

Paraphrasons Eric Maria Remarque: « A l’Ouest, rien de nouveau »

Pour être plus précis, nous devrions ajouter: « rien de nouveau…de positif »

 

Pour les photojournalistes, la situation se dégrade encore si besoin était. L’annonce du décret précisant les modalités de la mise en place d’un barème minimum de piges a donné lieu à des propositions du Ministère que l’on doit qualifier d’indécentes et fort éloignées des propositions conjointes de l’UPP et de l’intersyndicale: les syndicats d’éditeurs sont passés par là.

 

L’application de la loi Hadopi ( 2009 ) aux photojournalistes pigistes, loi dont il faut rappeler qu’elle élargissait la cession de droits d’auteurs des journalistes au profit des éditeurs de presse ( théorie des cercles ) devait se matérialiser pour les pigistes par la mise en place de barèmes minimum de piges d’un niveau reflétant les pratiques contractuelles constatées. Nous en sommes à des années-lumière…

 

Rappelons par ailleurs que les sacrifices consentis devaient aussi avoir pour compensation le respect du principe d'ordre public de la rémunération proportionnelle dans les cas prévus par le CPI. D'autre part, il était rappelé que la cession du « droit d'exploiter l'œuvre sous une forme non prévisible, ou non prévue à la date du contrat, devait être expresse et stipuler une participation corrélative aux profits d'exploitation. »

 

La négociation longue et difficile de la loi Hadopi, les principes retenus, la loi votée ( sauf pour les pigistes vu l’absence de barèmes minimum de piges ), tout cela n’a visiblement pas suffit aux syndicats d’éditeurs de presse, pas plus qu’aux pouvoirs publics. En effet, après que le code de bonnes pratiques professionnelles initié par Aurélie Filippetti ( la ministre précédente ) ait vu systématiquement repoussées, au cours de six mois de négociations, toutes les propositions des syndicats et organisations professionnelles pour relancer la production de reportages originaux, ce code s’affranchit allègrement de la légalité, en se camouflant derrière un simulacre de « droits et devoirs », qui se résument en fait à de nouvelles obligations pour les photographes, qui n’en ont nul besoin, tout en s’affranchissant des lois en vigueur, ou en s’y conformant à minima.

 

Enfin, cerise sur le gâteau, les syndicats d’agences qui pensaient avoir obtenu au minimum le respect de la loi sur les délais de paiement définis par le code du commerce ne peuvent que constater l’étendue des dégâts: leur signature, apposée en bas du « code de bonnes pratiques », n’aura servi à … rien.

 

L’UPP et l’intersyndicale journaliste ont réitéré récemment auprès du Ministère leur demande d’ouverture de nouvelles négociations de forme tripartite, pour qu’enfin soit mis en place un code de bonnes pratiques digne de ce nom.

 

 


Catégorie : Brèves / Informations | Date de publication : 23/10/2015


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