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Mort du photoreporter Olivier Voisin

Alors que le 22 février dernier marquait le tragique anniversaire de la mort de Rémy Ochlik et Marie Colvin, nous avons appris avec une immense tristesse la mort, dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 février 2013, du photographe français Olivier Voisin, âgé de 38 ans.

 

Photo/Edouard Elias/Haytham Pictures

 

Olivier Voisin, qui avait été grièvement blessé par un éclat d'obus le jeudi 21 février en Syrie alors qu'il suivait les opérations d’une brigade de rebelles de l’Armée syrienne libre, a succombé à ses blessures dans un hôpital d’Antakya, en Turquie, la gravité de ses blessures ayant empêché tout rapatriement en France.

 

D'après le quotidien Libération "le drame s’est produit dans la région d’Idlib, dans le nord de la Syrie. Si cette zone est majoritairement contrôlée par la rébellion, les forces armées de Bachar al-Assad sont toujours présentes dans quelques poches, dont la ville d’Idlib. Cette région est l’une des premières à s’être soulevées et à avoir pris les armes contre le régime, au printemps 2011".

 

Un pays dans lequel Olivier Voisin s’était rendu à plusieurs reprises ces derniers mois. "Il avait  notamment couvert le conflit à Alep, la grande ville du Nord de la Syrie, en août puis en janvier. Il avait également suivi la révolution libyenne en 2011."

 

Olivier Voisin s'était lancé dans le photojournalisme à l'âge de 20 ans où il avait commencé par des reportages au Liban et en Pologne tout en travaillant pour la presse régionale française.  Mais, d'après Libération, "usé par la précarité d'un métier qui paie chaque année un peu moins", il s'était lancé dans l'informatique.

 

Il revient némanmoins à la photographie en 2009, et se passionne peu à peu pour la Syrie, et, pour couvrir ce conflit de manière permanente, il s'installe à Antakya, à la frontière Turque.


Pour Luc Mathieu, journaliste à Libération : "Son travail est reconnu même s'il est toujours aussi mal rétribué"


Une situation de grande précarité dont témoigne la lettre, bouleversante, adressée à son amie italienne Mimosa Martini, la veille du jour où il a été blessé :

 

 "Les conditions de vie ici sont plus que précaires. C'est un peu dure. La bonne nouvelle, je pense que je vais perdre un peu de ventre mais au retour je vais avoir besoin de 10 douches pour redevenir un peu présentable!

 Aujourd'hui je suis tombé sur des familles qui viennent de Hamah et qui ont perdues leur maison. Ils vivent sous terre ou dans des grottes. Ils ont tout perdu. Du coup ça relativise de suite les conditions de vie que j'ai au sein de cette compagnie.

Je fais les photos et je suis même pas sûr que l'AFP les prennent."

 

Lire la dernière lettre d'Olivier Voisin, dans son intégralité, publiée par Antoine Vitkine sur le site du Huffington Post


L'UPP a acceuilli cette tragique nouvelle avec une immense tristesse et une profonde inquiétude quant aux conditions de sécurité dans lesquelles nos confrères exercent leur profession, et à la précarisation constante de celle-ci.

 

Selon les chiffres de Reporters sans Frontières, 23 journalistes et 54 citoyens-journalistes ont perdu la vie depuis le début du soulèvement populaire en Syrie, le 15 mars 2011.

 

 

 

 


Catégorie : Brèves / Informations | Date de publication : 25/02/2013


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